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Clochers et minarets
Par Raoul
, le 30 Nov 2009 | Dans Vu de Face |
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Un enjeu crutial pour l'avenir de notre société
Les Suisses ont mis dimanche dernier, les pieds dans le plat en votant l'interdiction des minarets sur le territoire. Ce réflexe exclusivement mû par la peur, du moins on l'espère, était un cheval de bataille de la droite populiste locale, qui voit là un thème facile à jeter en pâture à une population crédule.
Le sujet est pourtant d'une importance cruciale. L' Organisation des Nations-Unies ne se trompe pas en dénonçant immédiatement le résultat de ce vote. La France est par exemple un pays laïc. A ce titre, elle devrait accepter sur son sol, autant de constructions dédiées à des religions qu'il y a de croyances: temples, minarets, clochers, synagogues ... Il n'y a, par essence même des fondements républicains, aucune raison de privilégier une religion par rapport à une autre, et encore moins de raison d'en interdire aucune. Liberté, égalité, fraternité demeurent en cela la référence.(Illustration Erik Johansson)
Certes pour un chrétien de culture et de conviction, cela ne semble pas évident qu'il puisse accepter d'entendre tous les matins à sa fenêtre l'appel à la prière de ses concitoyens musulmans. C'est certainement la première chose à laquelle ont pensé les Suisses. Certes nous qui sommes nés en France, nous avons plus l'habitude de voir des clochers qu'autre chose. Et je crois qu'il n'est pas scandaleux de ressentir de l'appréhension à voir notre paysage familier se transformer quelque peu. Nos repères pourraient disparaître. Toutefois en tant que républicains, un de nos devoirs est d'accepter la différence chez nos concitoyens, d'offrir au singulier un refuge, et de proposer à un groupe les moyens de s'exprimer, toujours au nom de l'égalité. En effet, la tentation de l'apartheid est toujours grand. C'est un travers humain dans lequel n'importe qui pourrait sombrer. Car l'apartheid n'est pas l'exclusivité des hypothétiques races, mais également celle des religions. Une nation par exemple, ne saurait prétendre à l'unité si elle n'est pas capable d'accepter en son sein de multiples différences.
De l'athéisme au conspirationnisme
Par Raoul
, le 1 Mar 2009 | Dans A Vue de Nez, Vu du net |
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Ou comment l'ennui de soi entraîne le fanatisme.

Je ne vais pas me lancer ici dans une énième démonstration sur le déroulement des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis d'Amérique et de leurs conséquences. Pour deux raisons simples, je n'y connais rien, et je ne vois pas bien à quoi cela pourrait servir.
Je préfère tout naturellement opposer aux constructions pharaoniques déployées par les partisans du complot des choses tout à fait simples.
Mon argument repose toutefois essentiellement sur les thèses ou les antithèses qui fleurissent partout sur le net et attirent chaque jour davantage de fidèles, pendant que les églises se vident.
(Photo Michael Hughes)
Le premier argument qu'il me plaît d'opposer au sieur suspicieux qui me chuchote des arguments qui pourraient servir de fondement à un scénario de film d'espionnage hollywoodien, est celui de la balance. Vous mettez d'un côté ce qu'il est nécessaire de déployer pour monter un complot de cette envergure, et de l'autre côté les paramètres chaotiques suffisants pour qu'une pareille catastrophe arrive, et vous comprenez assez vite où la logique se situe. Il est plus qu'improbable qu'un tel niveau de complot ait pu aboutir sans aucune fuite. Les "conspirationnistes" aiment rappeler que le monde et son histoire est jonché de complots. C'est vrai, mais tous étaient de moindre envergure, et aboutissaient à des arrestations et des morts collatéraux. Il est en effet actuellement improbable de pouvoir laisser autant d'individus et de corps de métiers dans la confidence, surtout si celle-ci a pour conséquence la mort d'innocents.
De plus, la prise de risque à pareil niveau n'est acceptée que par un très petit nombre d'hommes ou de femmes, qui devraient pour la circonstance avoir un objectif tel qu'il serait impossible d'y échapper ou de faire autrement pour aboutir au succès dudit objectif. Or si les États-Unis sont capables de choses étranges, on imagine qu'ils pourraient tout aussi bien trouver d'autres voies moins complexes et surtout moins coûteuses. Mettre des hommes dans la confidence c'est bien entendu en payer le prix.
C'est l'une des principales lois de la nature : les choses les plus simples sont les meilleures. En l'occurrence un complot de cette envergure nous conduit dans les coulisses de l'exploit et dans l'arène de la complexité multi-polaire. C'est contre-productif.
Caricaturale compréhension
Par Raoul
, le 9 Fév 2006 | Dans Vu de Près |
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Cela commence à peser cette habitude de la mémoire sélective, de l'indifférence du temps, et du peu de considération de l'histoire.
Le tohu-bohu actuel sur les caricatures du prophète Mahomet est je trouve révélateur d'un avenir incertain pour l'intelligence humaine.
Je ne dis pas que ceux qui ce sont offusqués sont des idiots, les autres non plus. Je suis simplement étonné de constater que l'on puisse situer la problématique si loin des réalités historiques et factuelles. Je suis également surpris par la lâcheté de part et d'autre. Personne n'a nécessairement tort, mais j'ai tout de même un autre point de vue.
La religion musulmane est vieille comme le monde. C'est une religion adulte, et en tant que telle peut supporter au moins autant que ne le supporte la religion chrétienne par exemple. A ce titre elle peut et doit supporter des caricatures ridicules. Qu'aurait-elle à craindre de si peu de talent qu'elle en devienne agressive et si puérile ?
Ceux qui mènent la danse actuellement, ceux que l'on remarque, sont du même cru que les talibans d'Afghanistan. Un culte inacceptable d'une religion mortifère.
Il ne faut donc pas se tromper de débat.
De plus je suis pour l'égalité des religions dans un pays laïc tel que le notre. Ce que l'on fait pour notre église que l'on soit croyant ou non, ils peuvent aussi l'accepter, de la même façon pour leur religion. S'ils imposent des concepts ici, qu'ils acceptent les mêmes chez eux. Le font-ils?
Enfin lorsque j'entends ici et là, des voix qui réclament précisemment l'équité dans la construction et le financement des mosquées, je suis étonné. Si des églises sont financées par l'état, c'est que ce sont des bâtiments du patrimoine historique. Ils le sont donc exclusivement pour cela. La France est un état laïque, des hommes se sont battus pour cela, et il a fallu plus d'un millénaire. Il n'est donc pas sérieux d'envisager des mosquées payées par les contribuables, quelques soient leurs convictions religieuses, ce serait un terrible retour à des pratiques caduques et rejetées. Que le culte musulman se fasse au grand jour bien sûr ! Mais en conformité avec les choix de la société actuelle.
Dès lors, la problèmatique est simple. Des imans à la culture hypothétique et leurs fidèles à la suite, soldent une religion qui en a vu bien d'autres, au profit d'une adoration morbide. C'est le règne de l'interdit, de l'inquisition, et de la punition. Nous sommes loin de la pénitence vous en conviendrez. Ajoutez à cela, une volonté manifeste de restriction de liberté, à mon sens incompatible avec une religion moderne, et de surcroît chargée autant d'histoire. Enfin, vous achevez le tout avec un capharnaüm insupportable et vous avez là un grand guignol de l'ancien temps.
Je prétends dès lors que ces gens ont tort de s'offusquer de la sorte, qu'ils se fourvoient dans la compréhension de leur religion, car ils incitent à la négation de l'homme, et que leurs objectifs deviennent peu à peu douteux. A ce titre je serai toujours contre eux, et donc favorable à la publication de tels dessins, même s'ils ne présentent aucun intérêt intrinsèque. Car finalement ce qui est caricaturé, c'est bien l'intelligence déployée en ce moment.
Le Pape et nous
Par Raoul
, le 3 Avr 2005 | Dans Vu de Près |
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La solitude papale
Jean Paul II achève son règne, mais certains à l'instar de ce couple polonais qui a dédié son mariage au souverain pontife, ne semblent pas percevoir que leurs vies sont indépendantes.
L'exercice papal est avant tout un don total de soi pour l'église. Cet homme s'est sacrifié en quelque sorte pour ses fidèles. Je parlerais peu ici des aspects contradictoires de ce pape soit disant moderne, (je fais allusion entre autre, à ses prises de position sur le sida, les homosexuels, l'avortement ou le divorce). Dans le même ordre d'idée ai-je pu lire que
sous son règne [de Jean Paul II], l?Eglise a combattu avec acharnement tous les droits émancipateurs auquel l?Humain pouvait prétendre, tels que la contraception ou le divorce.
(Propos de L?Union des familles laïques (UFAL))
Bref, sa vie (aussi fructueuse soit-elle) ce n'est pas la notre et nous ne pouvons rien pour lui. Le plus étonnant c'est que nous ne l'avons même pas élu (ce sont des cardinaux que nous ne connaissons pas qui décident entre eux, dans le plus grand secret, vous noterez le côté dictatural). Et je ne parle même pas des différences fondamentales sur la croyance religieuse. Alors pourquoi tant d'émois. Ce couple de Pologne perçoit-il l'absurdité de leur geste. Leur vie et ce geste symbolique sont totalement disemblables. Pire, ils réduisent le bonheur de leur mariage (concept tant défendu par Jean Paul II) au malheur de la mort d'un homme.
C'est je le crains, un comportement classique, mais tellement irréfléchi contrairement aux apparences, bien loin toutefois de cette communion de pensées à laquelle nous avons pu assister lors des derniers soupirs de l'évêque de Rome, qui restera un formidable acte positif. Dommage qu'il en soit ainsi que pour des évènements exceptionnels ou des hommes décrétés exceptionnels.








