Tags: presse
Prédictions politiques
Par Raoul
, le 24 Nov 2009 | Dans Vite vu |
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De l'art divinatoire
En 1987, l'Évènement du Jeudi titrait fièrement à sa une : "Pourquoi Chirac ne sera jamais président". Ils étaient sûrs d'eux. Moult analyses étayaient cette affirmation, et M.Chirac fût élu deux fois, tandis que l'Evènement du Jeudi disparaissait du paysage journalistique [1]. Nous retrouvons aujourd'hui encore le syndrome du devin, comme quoi l'expérience des autres ne sert pas toujours, avec M.Royal et son hypothétique succès aux présidentielles de 2012.
C'est plus fort qu'eux. Les journalistes, qui se disent analystes, s'imaginent au grès d'un vague sondage tendancieux (ou comme celui-çi) pouvoir dégager des prédictions politiques. Rien pourtant ne pourrait confirmer, ou infirmer, de telles prédictions. Au nom de quoi par ailleurs, un journaliste pourrait-il se substituer au libre arbitre des citoyens-électeurs, qui, autour de moi en tous cas, ne pensent pas du tout à ce qu'ils vont faire dans trois ans.
Encore faudrait-il qu'ils survivent à l'apocalypse annoncée de 2012, puisque les Mayas ne voyaient pas plus loin que cette année là dans leur calendrier. Au passage, peu de personnes savent précisément pourquoi le calendrier maya s'arrête à cette année. Pourtant, l'homme moderne, peut-être un lointain cousin des journalistes-devins, voit au travers de ces simples fait, également une prédiction, malheureuse de préférence.
La compromission des journalistes
Par Raoul
, le 4 Jul 2009 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
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Lorsque le Nouvel Obs se lance dans le publi-reportage
C'est le second papier consécutif du blog qui porte sur les journaux français. Si Le Figaro est indéniablement du côté du gouvernement actuel, celui qui est notre sujet d'aujourd'hui représente en principe l'autre bord politique. Le Nouvel Obs est même bien plus que cela,c'est une certaine idée de la France et de la gauche. Pourtant depuis quelques temps, il semblerait que d'autres logiques prévalent. (Illustration d'après Erik Johansson)
L' entrevue avec M.Sarkozy parue cette semaine dans le Nouvel Observateur me laisse pantois. Je suis abonné cet hebdo, et pardonnez-moi, mais je commence à me demander si mon choix est judicieux. Les questions qui ont été posées apparaissent complaisantes, et vont dans le sens précis que souhaite le président. Cela ne me semble pas digne d'un grand journal. Et le fait que seuls deux journalistes soient à l'origine de cela, au nom de tous les autres de l'hebdo est un paramètre qui entretient mon doute.
Ainsi, je l'avais déjà dit ici dans un autre article du Pupitre, je n'apprécie pas particulièrement M.Olivennes, notamment par ses prises de positions scandaleuses lors de DADVSI (les premières tentatives de lois sur internet en France). A l'époque j'avais décidé de boycotter la FNAC, enseigne bien connue dont il était président. J'étais un client régulier. Je n'y ai plus jamais remis les pieds, ni acheté quoi que ce soit sur leur site web.
Vive la Pravda française !
Par Raoul
, le 24 Jun 2009 | Dans Vu d'en Haut |
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Pourquoi faut-il toujours écouter un discours

Cette fois c'est certain, Le Figaro est bel et bien l'organe de presse officiel du président Sarkozy. Souvenez-vous, vous qui étiez du temps de la guerre froide des spectateurs assidus des romans de John le Carré, et des spectateurs incrédules des annonces venues du froid via l'organe de presse soviétique de l'époque, la Pravda.(Illustration Erik Johansson)
Dans ce journal soviétique fondé en 1912 par les travailleurs puis transformé en 1918 en organe de presse du parti communiste soviétique, nous pouvions par exemple lire des articles en faveur d'un candidat au Kremlin aux dépends d'un autre. La Pravda, aujourd'hui appartenant à des investisseurs grecs, était du temps de la guerre froide réputée en occident pour être un organe de presse typique de désinformation, au profit des apparatchiks au pouvoir.
Ainsi, un journal moderne pourrait être appelé Pravda, si manifestement il prend parti pour un gouvernement en place en dépit de toutes les autres analyses de la sphère journalistique. Dans cette idée, Le Figaro daté du 23 juin 2009 est un modèle du genre. Le discours du président Sarkozy au congrès réuni à Versailles, n'a présenté, selon l'immense majorité des observateurs, aucun intérêt majeur, ni pour le pays en général, ni pour les français en particulier. Pourtant le rédacteur en chef du Figaro semble avoir vu un président tout à fait exceptionnel et visionnaire.
Je vous mets la coupure de presse, faite avec un ciseau virtuel, afin que vous vous rendiez compte. La somme des épithètes favorables s'enchaînent de manière indécente, l'auteur n'hésite pas à parler dans un même registre, de Kennedy et de Chaban-Delmas.
L'actu des zozos (1)
Par Raoul
, le 25 Sep 2008 | Dans A Vue de Nez |
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Ouverture et premier numéro
De temps à autres, il se pourrait que deux ou trois faits d'actualités soient choisis spécialement pour leur insondable étrangeté. Vous savez, ces faits qui font que le citoyen tranquille préférera jeter sa télé et sa radio aux orties plutôt que d'écouter ou voir quoique ce soit à ce sujet. Toutefois, rien n'empêchera ce même citoyen, parce que c'est un râleur, et parce que l'occasion est trop belle, d'en disséquer la teneur par le seul support encore libre et indépendant, que voici, sous vous yeux.Allez je commence :
Il faut pouvoir dire "qui est responsable du désastre" et "que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes" (Nicolas Sarkozy, au sujet de la crise financière) source
Illustration d'origine inconnue
Heureusement que le président français est là pour remettre de l'ordre dans ce bas monde. Nous n'attendions que lui afin de bouter les ultra-libéraux hors de notre planète. Cette situation est assez cocasse surtout lorsque l'on sait que M.Sarkozy est allé dans le même temps aux USA recevoir deux prix de reconnaissance dans le temple de l'ultra-libéralisme. (Source Mediapart.fr)
Le humanitarian award par exemple, à New York le 22 septembre. Ce prix récompense " des êtres exceptionnels qui ont consacré leur vie à combattre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice ". Ainsi M.Sarkozy sera remercié " pour son action humanitaire dans divers domaines, particulièrement dans les conflits internationaux et dans la mobilisation de millions de dollars pour l'Afghanistan et les pays africains ". Finalement ces militaires morts au combat, on en trouve quelque chose de bénéfique. Enfin, combat pas tout à fait, puisque le ministre de la défense française refusait cette appellation. Sans doute la réservait-il pour les poilus. Hélas personne ne lui dit qu'il n'y en a plus.
Et ce prix me pose tout de même un problème. Lorsqu'on est va-t-en-guerre, est-ce un acte humanitaire ? Ou à combien de vie estime t-on que l'on fasse de l'humanitaire ?
Bref, une fois ce prix empoché, ce sera au tour du World Statesman Award d'être récupéré. M. Sarkozy homme d'état de l'année 2008 ! Formidable ! C'est vrai que nous gaulois franchouillards, nous manquions de clairvoyance. C'est pourtant tellement évident !
Le syndrome de Stockholm
Par Raoul
, le 9 Jan 2008 | Dans Vu de Près |
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Ou les rapports entre les journalistes français et M.Sarkosy
Un évènement récent m'a mis la puce à l'oreille. Certes, la complaisance des journalistes français à l'égard du pouvoir n'est vraiment pas quelque chose de nouveau, mais avec l'ère Sarkosy, on frôle la caricature permanente.
Tous les journalistes n'ont pas encore l'intention en France de jouer aux bons élèves respectueux de Monsieur le Maître, afin de récolter un bon point. Remarquez si ce n'était que des bons points, la gravité serait moindre. Ainsi M.Joffrin du journal Libération a t-il voulu lors d'une conférence de presse organisée par M.Sarkosy, poser une question pour une fois pas calibrée par l'Elysée (a priori), jugez par vous-même.
Ce que je retiens essentiellement, outre la grossièreté désormais légendaire du président, qui à l'inverse d'un monarque, manque singulièrement de classe, c'est la réaction des confrères du journaliste malmené. Remarquez comme ils se comportent bien : ils rient aux lançades du président. Comme de bons élèves qui veulent obtenir les faveurs du professeur.
Mais quelle honte !
C'est une honte car non seulement ils font preuve de crétinerie, mais en plus leur loyauté au corps de métier qu'ils représentent, trouve bien rapidement ses limites. Un homme, qui s'il était autre chose qu'un président, que l'on qualifierait immédiatement de grossier, met en opposition un journaliste professionnel qui ne fait que son métier, face à ses confrères qui eux semblent du coup le faire moins bien. Ils le font moins bien car leurs questions sont sans aucune espèce d'intérêt. La presse française ne saurait être le support officiel d'un culte de la personnalité, censé masquer l'inefficacité ou la dangerosité d'une politique hasardeuse, ou au moins oligarchique. Ces journalistes inscrivent là, ridiculement, leur attachement à une profession sur le déclin, et semblent se délecter d'une chute vers le pitoyable.
Je ne comprends pas comment autant de cerveaux peuvent cautionner, même si on est du même bord politique, à ce point la beaufitude. Nous n'avons là de la part du chef de l'état aucun argument logique et utile qui pourrait contredire la question certes accusatrice, mais honorable, d'un observateur attentif et critique. Car je ne sais pas si ces messieurs à la carte de presse pourtant tricolore, savent que la république appartient à tous les français, et non pas exclusivement à leurs représentants fussent-ils aux plus hautes fonctions de l'état. Nous sommes donc en droit de nous poser cette question de la personnalisation du pouvoir, et nous sommes en droit d'avoir de la part du président une réponse honnête. Nous sommes en droit également d'attendre de nos journalistes qu'il fassent preuve de clairvoyance au moins, de tempérance certainement, mais surtout d'indépendance. Lors de cette conférence de presse, il ne me semble pas trouver aucune de ces vertus.
Je suis donc atterré par la sémantique présidentielle, ça commence à être habituel, mais surtout consterné par la petitesse de nos journalistes hexagonaux, sur qui pourtant on compte un peu pour éclairer notre perception du monde, et de notre pays. La confiance modérée que j'apportais encore dans les médias, est ainsi considérablement mis à mal par ces hommes aux sourires idiots et aux rires crétins. Sans doute alors pourrait-on croire que ces hommes sont pris en otage par un président omniprésent, qui tel un ravisseur, finit par trouver dans ses otages de l'admiration.
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Syndrome de Stockholm : Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à adopter un peu ou tous les points de vue de ceux-ci.
Ce comportement paradoxal des victimes de prise d'otage, a été décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg qui lui donne ce nom syndrome de Stockholm, en relation avec un fait divers ayant eu lieu dans cette même ville.
Inversement le syndrome peut s'appliquer aux ravisseurs, qui peuvent être influencés par le point de vue de l'otage. Ce syndrome est parfois, par erreur, appelé syndrome d'Helsinki. (Wikipedia)
L'édito de Rolland Joffrin
Les figures de styles du président selon Libé.fr








