Tags: lutte
Spéculations
Par Raoul
, le 24 Aoû 2010 | Dans A Vue de Nez |
Réagir |
|
Évidences ...
En France, on aime croire que le régime de retraite par répartition est obsolète. On imagine désormais, que ce sont les Américains qui ont raison, et que les retraites devraient être payées par capitalisation. C'est sans doute très complexe, mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut qu'un euro placé rapporte un peu plus à la fin de sa vie. Pour cela, il faudrait qu'il se passe pas mal de choses positives dans le pays et dans le monde, ou bien que des personnes bien malignes, placent cet euro de judicieuse manière. Spéculer, est alors la règle d'or. Et pour assurer les vieux jours de ceux qui gagnent au quotidien pas mal d'argent, tout est bon. (Montage Marcus Hausser) 
Les fonds de pensions américains ont eu l'idée géniale d'utiliser à leur profit toutes les approximations du marché boursier, et du système capitaliste dans son ensemble. Si un tel système apporte beaucoup de bénéfices, et pour un grand nombre de gens (c'est le progrès dont on nous remplit les oreilles), nous allons rapidement apercevoir ses limites. En effet, ce système est actuellement en roue libre, et peu de choses régulent son fonctionnement. Ainsi, ravis d'avoir spéculé sur les placements à risques aux USA, les investisseurs se tournent actuellement vers la spéculation sur les évènements naturels. Ces derniers ont des conséquences directes sur les stocks d'aliments, ce qui finalement détermine les prix du marché. Après tout, s'il existe un domaine du business inaltérable, c'est bien celui de la nutrition. Tandis que les modestes Américains propriétaires sont désormais tous à la rue (la crise des subprimes américaines), les autres modestes de la planète risquent à leur tour d'avoir faim. Jugez plutôt :
Pour une autre retraite
Par Raoul
, le 13 Jun 2010 | Dans Vues politiques |
2 retours |
|
Le choix de l'égalité
Lorsque le sujet des retraites est abordé autour de moi, il est rare d'entendre des voix rassurantes. En effet, plutôt que de considérer que le problème sur ce sujet provient d'une inégalité chronique existante, chacun semble n'?uver dans sa réflexion qu'à son profit. Pourtant, lorsqu'un système est déséquilibré, cela ne signifie pas nécessairement qu'il est mauvais en lui même. En revanche cela pourrait signifier que certains fondamentaux ont été oubliés.

La logique voudrait que l'on soit payé lorsqu'on fournit un travail. Or un retraité ne travaille pas. Cependant il est un citoyen à part entière, et en tant que tel, paye des impôts, consomme, participe finalement à la marche économique telle que nous la concevons encore. Il bénéficie donc justement d'une retraite. Actuellement cette retraite est indexée aux revenus de la vie active. Ce choix reste surprenant dans la logique qui nous préoccupe aujourd'hui. En effet, pourquoi y a t-il autant de différences entre un retraité des cadres et un ouvrier ? Les deux font pourtant la même chose : ils sont retraités. Ils ne produisent rien pour le collectif si ce n'est qu'ils entretiennent le système achat-vente. Cela signifierait donc que ces deux retraités aient la même retraite. Un retraité est un retraité, pas un travailleur.
Certes l'un a cotisé bien davantage que l'autre. Étrangement, cela ne choque personne. Pourquoi tout au long de sa vie, le produit de son travail sert-il à alimenter une caisse commune dont les bénéficiaires toucheront inégalement les dividendes ? Un gros salaire a les moyens de mettre suffisamment de côté pour les vieux jours. Il n'est pas nécessaire que ces gros revenus ne servent qu'à l'accumulation de conforts (plusieurs maisons, plusieurs voitures, un train de vie aisé - pour caricaturer). S'il est juste qu'un responsable gagne plus qu'un exécutant dans la vie active, cela ne se justifie plus en retraite. A moins d'apprécier la segmentation de la société en castes : les nantis, les rameurs et les pauvres - ces derniers étant infiniment plus nombreux bien entendu, l'avenir de l' actuelle retraite par répartition semble compromis, mais selon moi pour d'autres raisons que celles évoquées classiquement.
Les Français devraient-ils consulter plus souvent un psy ?
Par Raoul
, le 9 Mai 2010 | Dans Vu d'en Haut |
Réagir |
|
Une société compromise par des comportements individuels
Une mode actuelle dans le domaine des études sociales en France, semble être une explication de l'exception française dans un comportement social commun assez singulier. Un comportement qui nous démarquerait par exemple de nos amis Canadiens, Américains ou même Anglais. La France serait un pays sclérosé socialement, par ses habitudes corporatistes, élitistes ou ségrégationnistes.
Ce n'est certainement pas une fatalité, en revanche il est certain qu'un comportement individuel maintes fois répété, engendre ce processus social. Un tel comportement individuel pourrait-il relever de la seule thérapie ? Tous les français devraient-ils consulter ? (Illustration de Carioca)
Si l'on reprend cet argument à notre propre échelle de perception, on constate tous les jours qu'il y a sans doute un fondement à cela. En effet, nous connaissons tous autour de nous des patrons, ou des employés, qui l'un parce qu'il sort d'une grande école, l'autre parce qu'il revendique sa fibre écolo, vous oppose une interface élitiste. Vous n'êtes pas comme eux, vous êtes différents et non complémentaire. Vos talents ne peuvent alors pas s'exporter ou être globalement profitables. Qui ne connait pas l'échec d'un entretien d'embauche parce qu'il n'a pas la couleur de peau souhaitée, parce que le cursus professionnel ne comporte pas les sésames classiques français, parce qu'il est soit trop vieux, soit trop jeune ?
Face à ces comportements, toujours humains, individuels, nous pouvons comprendre un défaut de confiance en soi, des habitudes corporatistes, une certaine peur ou méfiance de l'autre. Il est probable que si la personne se connaissait vraiment, avait étudié ses tourments, avait mis un verbe dessus, elle serait davantage ouverte, ou pétri de tempérance ? Il est fort à parier qu'un même entretien avec une personne bien dans sa peau (on imagine que toute la chaîne décisionnelle soit dans le même état), se passerait sans doute favorablement. Même en cas de refus, vous ne partiriez pas de la pièce abattu, ou doutant terriblement de vous, la personne aurait pris soin de vous, en vous ménageant et en tâchant de ne faire ressortir que du positif de cet entretien.
Réforme : une pathologie politique
Par Raoul
, le 17 Fév 2010 | Dans Vues politiques |
1 réaction |
|
Au cours des réformes, y a t-il faute et défaillance du service public ?
35 dépôts de plaintes ont été déposés cette semaine à l'encontre du ministre de l'éducation nationale. Le motif légal invoqué est "faute et défaillance du service public". Sans considérer la recevabilité de la plainte, il peut être intéressant après moult réformes engagées de se poser des questions essentielles. Y a t-il actuellement un risque avec cette politique du résultat immédiat, spectaculaire sans doute, efficace peut-être ? Le service public n'est-il pas une notion tellement facile à détourner que cela puisse induire au bout d'un moment une défaillance générale ? (Illustration Erik Johanson)
Si l'on considère l'éducation nationale, même si on comprend qu'il n'est pas raisonnable de laisser en l'état au fil des années un système aussi complexe comme important, l'électeur attentif peut néanmoins être surpris par la réformite aigüe qui touche tous les gouvernements sur ce dossier. Dernièrement, on peut dire que le chantier est titanesque. A tous les niveaux, de la maternelle à l'université, des réformes ont été engagées [1]. Elles ne sont pas mue véritablement par un besoin impérieux, parce qu'après tout la France arrive à former de bons techniciens et de bons ingénieurs, qui ont assez souvent l'occasion de vendre leurs talents à l'étranger. Ceci ne doit certes pas exclure la volonté d'adaptation, mais on comprend assez mal que celle ci se fasse à tous les niveaux de l'organisation, au point de constater in fine, que des élèves n'ont pas de professeur pendant un mois faute de remplaçants. En admettant que la réforme soit nécessaire, elle devient caduque si l'essentiel, un prof pour une classe de taille humaine (en dessous de 30 élèves), n'est pas respecté. L'état ne peut pas s'abriter raisonnablement derrière le paravent de la nécessaire réforme, surtout lorsque certaines d'entre elles prévoient la gratuité de la scolarité dans les écoles françaises à l'étranger. C' est consternant lorsque l'on connait le profil des familles expatriées, qui ne sont probablement jamais touchées par l'échec de scolarité, ni la précarité. Les primes d'expatriations y pourvoient en effet largement, et le profil de métier reste de haut niveau la plupart du temps.
Les faucons à l'assaut du réseau
Par Raoul
, le 1 Déc 2009 | Dans Cyber-vues |
6 retours |
|
Absurde procès d'une époque éphémère
Ainsi que je l'avais prédit [1], le Net se trouve actuellement au centre d'une tempête. Celle bien connue, mais tous les jours redécouverte, de la prise de conscience de l'imperfection humaine. Internet devient de fait gênant. Pire, c'est un espace libre et ouvert où chacun a initialement une place équivalente. Cette notion d'équité imposée semble insupportable pour quelques français. Principalement ceux qui ont généralement accès aux vitrines médiatiques classiques et sélectives et qui tentaient de nous vendre leur supériorité.
Internet devient effectivement une chose horrible. Ce que vous exprimez se diffuse infiniment sur le réseau, et tout être humain connecté pourra l'identifier, l'interpréter et le critiquer. Imaginez que vos tourments, vos peurs, ou vos certitudes comme vos talents, ne restent plus l'exclusivité de votre propre évaluation. L'homme que vous êtes devient universel, soumis à l'appréciation collective. Vous ne vous appartenez plus, mais restez pourtant vous-même. Lorsque l'on est bien dans sa peau, si on a la chance par exemple d'avoir analysé ses quelques tourments auprès d'un professionnel, ces choses là n'ont pas de conséquences particulières sur votre sérénité. Vous demeurez ataraxique.
Clochers et minarets
Par Raoul
, le 30 Nov 2009 | Dans Vu de Face |
2 retours |
|
Un enjeu crutial pour l'avenir de notre société
Les Suisses ont mis dimanche dernier, les pieds dans le plat en votant l'interdiction des minarets sur le territoire. Ce réflexe exclusivement mû par la peur, du moins on l'espère, était un cheval de bataille de la droite populiste locale, qui voit là un thème facile à jeter en pâture à une population crédule.
Le sujet est pourtant d'une importance cruciale. L' Organisation des Nations-Unies ne se trompe pas en dénonçant immédiatement le résultat de ce vote. La France est par exemple un pays laïc. A ce titre, elle devrait accepter sur son sol, autant de constructions dédiées à des religions qu'il y a de croyances: temples, minarets, clochers, synagogues ... Il n'y a, par essence même des fondements républicains, aucune raison de privilégier une religion par rapport à une autre, et encore moins de raison d'en interdire aucune. Liberté, égalité, fraternité demeurent en cela la référence.(Illustration Erik Johansson)
Certes pour un chrétien de culture et de conviction, cela ne semble pas évident qu'il puisse accepter d'entendre tous les matins à sa fenêtre l'appel à la prière de ses concitoyens musulmans. C'est certainement la première chose à laquelle ont pensé les Suisses. Certes nous qui sommes nés en France, nous avons plus l'habitude de voir des clochers qu'autre chose. Et je crois qu'il n'est pas scandaleux de ressentir de l'appréhension à voir notre paysage familier se transformer quelque peu. Nos repères pourraient disparaître. Toutefois en tant que républicains, un de nos devoirs est d'accepter la différence chez nos concitoyens, d'offrir au singulier un refuge, et de proposer à un groupe les moyens de s'exprimer, toujours au nom de l'égalité. En effet, la tentation de l'apartheid est toujours grand. C'est un travers humain dans lequel n'importe qui pourrait sombrer. Car l'apartheid n'est pas l'exclusivité des hypothétiques races, mais également celle des religions. Une nation par exemple, ne saurait prétendre à l'unité si elle n'est pas capable d'accepter en son sein de multiples différences.
La force de Sarkozy : l'argent des autres
Par Raoul
, le 24 Oct 2009 | Dans Vues politiques, Vite vu |
7 retours |
|
La république plus juste ?
171 millions d'euros ont été nécessaire pour assurer le train de vie du président français de l'Europe en 2008 *. Cette somme c'est 1 million d'euros dépensés chaque jour de la présidence française. Ou si vous préférez, c'est 62 années de travail rémunéré au SMIC, pour un jour de dépense. Cette somme c'est trois fois plus que lors de la précédente présidence française de l'Europe (sous M.Chirac).
Le budget de l'Élysée en 2008 s'élève à 113 millions d'euros. Soit 310000 euros par jour, soit 19 années de SMIC pour une journée de dépense. Ce budget s'il est important est surtout supérieur de plus de 18% à l'année précédente. Ce qui signifie finalement 3 années de SMIC en plus. Si le chef de l'état respectait ses engagements initiaux, il pourrait par exemple, publier de manière claire les lignes de dépenses pour cette présidence européenne, ainsi que les dépenses de fonctionnement du palais de l'Elysée. En république, c'est plutôt quelque chose de naturel. C'est étrange, ce n'est pas ce qui est fait.
Finalement en 2008, pour la brillance du président, il aura fallu pour une journée de dépense, 81 années de travail rémunéré au SMIC. Effectivement le slogan "travailler plus pour gagner plus" prend tout son sens. En fait, pour M.Sarkozy ce sont les autres qui travaillent plus afin que lui puisse dépenser plus.
* Selon un rapport publié en octobre 2009 par la Cours des Comptes









