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Pour une autre retraite
Par Raoul
, le 13 Jun 2010 | Dans Vues politiques |
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Le choix de l'égalité
Lorsque le sujet des retraites est abordé autour de moi, il est rare d'entendre des voix rassurantes. En effet, plutôt que de considérer que le problème sur ce sujet provient d'une inégalité chronique existante, chacun semble n'?uver dans sa réflexion qu'à son profit. Pourtant, lorsqu'un système est déséquilibré, cela ne signifie pas nécessairement qu'il est mauvais en lui même. En revanche cela pourrait signifier que certains fondamentaux ont été oubliés.

La logique voudrait que l'on soit payé lorsqu'on fournit un travail. Or un retraité ne travaille pas. Cependant il est un citoyen à part entière, et en tant que tel, paye des impôts, consomme, participe finalement à la marche économique telle que nous la concevons encore. Il bénéficie donc justement d'une retraite. Actuellement cette retraite est indexée aux revenus de la vie active. Ce choix reste surprenant dans la logique qui nous préoccupe aujourd'hui. En effet, pourquoi y a t-il autant de différences entre un retraité des cadres et un ouvrier ? Les deux font pourtant la même chose : ils sont retraités. Ils ne produisent rien pour le collectif si ce n'est qu'ils entretiennent le système achat-vente. Cela signifierait donc que ces deux retraités aient la même retraite. Un retraité est un retraité, pas un travailleur.
Certes l'un a cotisé bien davantage que l'autre. Étrangement, cela ne choque personne. Pourquoi tout au long de sa vie, le produit de son travail sert-il à alimenter une caisse commune dont les bénéficiaires toucheront inégalement les dividendes ? Un gros salaire a les moyens de mettre suffisamment de côté pour les vieux jours. Il n'est pas nécessaire que ces gros revenus ne servent qu'à l'accumulation de conforts (plusieurs maisons, plusieurs voitures, un train de vie aisé - pour caricaturer). S'il est juste qu'un responsable gagne plus qu'un exécutant dans la vie active, cela ne se justifie plus en retraite. A moins d'apprécier la segmentation de la société en castes : les nantis, les rameurs et les pauvres - ces derniers étant infiniment plus nombreux bien entendu, l'avenir de l' actuelle retraite par répartition semble compromis, mais selon moi pour d'autres raisons que celles évoquées classiquement.
Ouverture à la concurence ou la régression libérale
Par Raoul
, le 13 Mai 2010 | Dans Vite vu |
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L'incompatibilité entre la libéralisation et l'intérêt commun.

EDF a entamé depuis quelques temps le processus d'ouverture à la concurrence. En France, nous avions un système original, des citoyens qui ont besoin d'énergie, et une société d'économie mixte (ou nationale), chargée par mandat de la produire et de la distribuer. C'est un système simple, efficace, qui a fait ses preuves, mais d'aucuns prétendent qu'il n'y a pas assez de business. Comme si le fait d'avoir chaud ou de pouvoir allumer une lampe devait enrichir des actionnaires.
La Commission de régulation de l'Énergie, organisme chargé dans notre pays de clarifier pour un temps encore l'échange producteur-consommateur dans le domaine énergétique, semble actuellement pointer du doigt des risques pour les ménages, de voir une hausse significative du coût de l'électricité. L'ouverture à la concurrence devrait générer une hausse jusqu'à 11% des tarifs. L'expérience montre que l'ouverture à la concurrence dans le domaine de l'énergie n'a manifestement jamais donné de résultats supérieurs en terme de confort aux usagers.
Nous pouvons par exemple nous souvenir du black-out en Californie il y a quelques années, les prestataires de services de l'énergie n'ayant à l'époque pas pu s'entendre sur le business de la distribution, ce qui avait généré un blocage inimaginable dans l'état. Dans ce grand magma capitaliste, traders, distributeurs et électrons n'avaient pas fait bon ménage, aux dépends de l'usager, comme cela semble devenir la règle dans ce type de conflit. Ce fut un exemple édifiant des limites d'un système libéral, où l'on comprend mal comment un intérêt commun, l'accès au confort essentiel, puisse profiter amplement à une oligarchie du business.
Réforme : une pathologie politique
Par Raoul
, le 17 Fév 2010 | Dans Vues politiques |
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Au cours des réformes, y a t-il faute et défaillance du service public ?
35 dépôts de plaintes ont été déposés cette semaine à l'encontre du ministre de l'éducation nationale. Le motif légal invoqué est "faute et défaillance du service public". Sans considérer la recevabilité de la plainte, il peut être intéressant après moult réformes engagées de se poser des questions essentielles. Y a t-il actuellement un risque avec cette politique du résultat immédiat, spectaculaire sans doute, efficace peut-être ? Le service public n'est-il pas une notion tellement facile à détourner que cela puisse induire au bout d'un moment une défaillance générale ? (Illustration Erik Johanson)
Si l'on considère l'éducation nationale, même si on comprend qu'il n'est pas raisonnable de laisser en l'état au fil des années un système aussi complexe comme important, l'électeur attentif peut néanmoins être surpris par la réformite aigüe qui touche tous les gouvernements sur ce dossier. Dernièrement, on peut dire que le chantier est titanesque. A tous les niveaux, de la maternelle à l'université, des réformes ont été engagées [1]. Elles ne sont pas mue véritablement par un besoin impérieux, parce qu'après tout la France arrive à former de bons techniciens et de bons ingénieurs, qui ont assez souvent l'occasion de vendre leurs talents à l'étranger. Ceci ne doit certes pas exclure la volonté d'adaptation, mais on comprend assez mal que celle ci se fasse à tous les niveaux de l'organisation, au point de constater in fine, que des élèves n'ont pas de professeur pendant un mois faute de remplaçants. En admettant que la réforme soit nécessaire, elle devient caduque si l'essentiel, un prof pour une classe de taille humaine (en dessous de 30 élèves), n'est pas respecté. L'état ne peut pas s'abriter raisonnablement derrière le paravent de la nécessaire réforme, surtout lorsque certaines d'entre elles prévoient la gratuité de la scolarité dans les écoles françaises à l'étranger. C' est consternant lorsque l'on connait le profil des familles expatriées, qui ne sont probablement jamais touchées par l'échec de scolarité, ni la précarité. Les primes d'expatriations y pourvoient en effet largement, et le profil de métier reste de haut niveau la plupart du temps.
Prédictions politiques
Par Raoul
, le 24 Nov 2009 | Dans Vite vu |
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De l'art divinatoire
En 1987, l'Évènement du Jeudi titrait fièrement à sa une : "Pourquoi Chirac ne sera jamais président". Ils étaient sûrs d'eux. Moult analyses étayaient cette affirmation, et M.Chirac fût élu deux fois, tandis que l'Evènement du Jeudi disparaissait du paysage journalistique [1]. Nous retrouvons aujourd'hui encore le syndrome du devin, comme quoi l'expérience des autres ne sert pas toujours, avec M.Royal et son hypothétique succès aux présidentielles de 2012.
C'est plus fort qu'eux. Les journalistes, qui se disent analystes, s'imaginent au grès d'un vague sondage tendancieux (ou comme celui-çi) pouvoir dégager des prédictions politiques. Rien pourtant ne pourrait confirmer, ou infirmer, de telles prédictions. Au nom de quoi par ailleurs, un journaliste pourrait-il se substituer au libre arbitre des citoyens-électeurs, qui, autour de moi en tous cas, ne pensent pas du tout à ce qu'ils vont faire dans trois ans.
Encore faudrait-il qu'ils survivent à l'apocalypse annoncée de 2012, puisque les Mayas ne voyaient pas plus loin que cette année là dans leur calendrier. Au passage, peu de personnes savent précisément pourquoi le calendrier maya s'arrête à cette année. Pourtant, l'homme moderne, peut-être un lointain cousin des journalistes-devins, voit au travers de ces simples fait, également une prédiction, malheureuse de préférence.
La force de Sarkozy : l'argent des autres
Par Raoul
, le 24 Oct 2009 | Dans Vues politiques, Vite vu |
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La république plus juste ?
171 millions d'euros ont été nécessaire pour assurer le train de vie du président français de l'Europe en 2008 *. Cette somme c'est 1 million d'euros dépensés chaque jour de la présidence française. Ou si vous préférez, c'est 62 années de travail rémunéré au SMIC, pour un jour de dépense. Cette somme c'est trois fois plus que lors de la précédente présidence française de l'Europe (sous M.Chirac).
Le budget de l'Élysée en 2008 s'élève à 113 millions d'euros. Soit 310000 euros par jour, soit 19 années de SMIC pour une journée de dépense. Ce budget s'il est important est surtout supérieur de plus de 18% à l'année précédente. Ce qui signifie finalement 3 années de SMIC en plus. Si le chef de l'état respectait ses engagements initiaux, il pourrait par exemple, publier de manière claire les lignes de dépenses pour cette présidence européenne, ainsi que les dépenses de fonctionnement du palais de l'Elysée. En république, c'est plutôt quelque chose de naturel. C'est étrange, ce n'est pas ce qui est fait.
Finalement en 2008, pour la brillance du président, il aura fallu pour une journée de dépense, 81 années de travail rémunéré au SMIC. Effectivement le slogan "travailler plus pour gagner plus" prend tout son sens. En fait, pour M.Sarkozy ce sont les autres qui travaillent plus afin que lui puisse dépenser plus.
* Selon un rapport publié en octobre 2009 par la Cours des Comptes
Banques et criquets
Par Raoul
, le 9 Aoû 2009 | Dans Vite vu |
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Etre banquier est-il moral ?
Le mois d'août est classiquement ce que l'on appelle le mois de la torpeur. On aime dire que c'est le moment où le gouvernement se dépêche de publier des décrets impopulaires, de voter l'augmentation de tous les tarifs et impôts. On oublie également que pendant que certains dépensent le peu d'argent qu'ils gagnent en vacances, d'autres en profitent pour s'enrichir tranquillement. A ce propos, c'est incroyable, les banquiers se gavent de l'argent des contribuables : http://is.gd/23u6Z - http://is.gd/23u7L - http://is.gd/23u8i
La question qui vient immédiatement à l'esprit est: est-ce légitime ?
Ma réponse est intuitivement non. Pendant que les banques venaient quémander au chevet de l'état des aides et des avantages, le spectre de la récession - pur produit des dérives bancaires, et de fait une nouvelle épée d'Amoclés, planait au dessus des travailleurs. Le salarié lambda se voit ainsi contraint de travailler plus, pour gagner si possible autant. C'est la logique de libre marché, où lorsque les temps sont durs, les patrons pressent le citron des employés, et en profitent, c'est humain, pour réduire leurs coûts, par tous les moyens possibles et surtout les plus faciles. La peur de perdre son emploi en est un.
Et maintenant que nos quelques euros disponibles, plus durement gagnés sans doute que l'année dernière, transitent dans les coffres forts des banques, celles-çi se gavent tant qu'elles peuvent ? C'est indécent. C'est scandaleux. C'est indigeste.
Voyez-vous un quelconque scandale poindre dans les médias ? Non, on préfère nous parler de la grippe numéro je ne sais plus combien, ou des vacances des stars. Pire on tente de nous faire croire que l'état règle le problème en s'attaquant aux niches fiscales. Comme me le disait un proche, on ferait mieux de construire des barreaux autours des banques et des banquiers. Personnellement je n'apprécie pas de travailler pour enrichir davantage les fins de mois des traders ou banquiers. Et je dis qu'il n'y a rien de légitime à avoir un revenu à ce point élevé, qu'il faudrait plusieurs vies pour le dépenser. Dans cette logique, je prétends qu'une échelle allant de 1 à 30 sur les revenus est amplement suffisant. Au delà, ce n'est plus moral, c'est indécent, scandaleux et bientôt ce devra être illégal.
La compromission des journalistes
Par Raoul
, le 4 Jul 2009 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
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Lorsque le Nouvel Obs se lance dans le publi-reportage
C'est le second papier consécutif du blog qui porte sur les journaux français. Si Le Figaro est indéniablement du côté du gouvernement actuel, celui qui est notre sujet d'aujourd'hui représente en principe l'autre bord politique. Le Nouvel Obs est même bien plus que cela,c'est une certaine idée de la France et de la gauche. Pourtant depuis quelques temps, il semblerait que d'autres logiques prévalent. (Illustration d'après Erik Johansson)
L' entrevue avec M.Sarkozy parue cette semaine dans le Nouvel Observateur me laisse pantois. Je suis abonné cet hebdo, et pardonnez-moi, mais je commence à me demander si mon choix est judicieux. Les questions qui ont été posées apparaissent complaisantes, et vont dans le sens précis que souhaite le président. Cela ne me semble pas digne d'un grand journal. Et le fait que seuls deux journalistes soient à l'origine de cela, au nom de tous les autres de l'hebdo est un paramètre qui entretient mon doute.
Ainsi, je l'avais déjà dit ici dans un autre article du Pupitre, je n'apprécie pas particulièrement M.Olivennes, notamment par ses prises de positions scandaleuses lors de DADVSI (les premières tentatives de lois sur internet en France). A l'époque j'avais décidé de boycotter la FNAC, enseigne bien connue dont il était président. J'étais un client régulier. Je n'y ai plus jamais remis les pieds, ni acheté quoi que ce soit sur leur site web.









