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Banques et criquets
Par Raoul
, le 9 Aoû 2009 | Dans Vite vu |
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Etre banquier est-il moral ?
Le mois d'août est classiquement ce que l'on appelle le mois de la torpeur. On aime dire que c'est le moment où le gouvernement se dépêche de publier des décrets impopulaires, de voter l'augmentation de tous les tarifs et impôts. On oublie également que pendant que certains dépensent le peu d'argent qu'ils gagnent en vacances, d'autres en profitent pour s'enrichir tranquillement. A ce propos, c'est incroyable, les banquiers se gavent de l'argent des contribuables : http://is.gd/23u6Z - http://is.gd/23u7L - http://is.gd/23u8i
La question qui vient immédiatement à l'esprit est: est-ce légitime ?
Ma réponse est intuitivement non. Pendant que les banques venaient quémander au chevet de l'état des aides et des avantages, le spectre de la récession - pur produit des dérives bancaires, et de fait une nouvelle épée d'Amoclés, planait au dessus des travailleurs. Le salarié lambda se voit ainsi contraint de travailler plus, pour gagner si possible autant. C'est la logique de libre marché, où lorsque les temps sont durs, les patrons pressent le citron des employés, et en profitent, c'est humain, pour réduire leurs coûts, par tous les moyens possibles et surtout les plus faciles. La peur de perdre son emploi en est un.
Et maintenant que nos quelques euros disponibles, plus durement gagnés sans doute que l'année dernière, transitent dans les coffres forts des banques, celles-çi se gavent tant qu'elles peuvent ? C'est indécent. C'est scandaleux. C'est indigeste.
Voyez-vous un quelconque scandale poindre dans les médias ? Non, on préfère nous parler de la grippe numéro je ne sais plus combien, ou des vacances des stars. Pire on tente de nous faire croire que l'état règle le problème en s'attaquant aux niches fiscales. Comme me le disait un proche, on ferait mieux de construire des barreaux autours des banques et des banquiers. Personnellement je n'apprécie pas de travailler pour enrichir davantage les fins de mois des traders ou banquiers. Et je dis qu'il n'y a rien de légitime à avoir un revenu à ce point élevé, qu'il faudrait plusieurs vies pour le dépenser. Dans cette logique, je prétends qu'une échelle allant de 1 à 30 sur les revenus est amplement suffisant. Au delà, ce n'est plus moral, c'est indécent, scandaleux et bientôt ce devra être illégal.
Seuls les ouvriers ont des manches
Par Raoul
, le 27 Jan 2009 | Dans Vu de Face, Vues politiques |
7 retours |
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De la pornographie financière.
Vous connaissez bien la dichotomie habituelle, dans le monde du travail il y a les cols bleus, et les cols blancs. Hé bien Eric Woerth [1] vient de nous démontrer que seuls les ouvriers et les employés ont des manches. En effet lorsqu'il est interrogé sur la grève générale du 29 janvier 2009, il répond :
Qu'ils se démènent, (...) qu'ils bougent, qu'ils ne le fassent pas nécessairement uniquement en défilant ou en râlant! (...) Qu'ils deviennent un acteur de la sortie de crise. Et devenir un acteur de la sortie de crise, c'est quand même me semble-t-il se remonter un tout petit peu les manches et se mettre à travailler plutôt à l'unité du pays.
(Entretien sur France Inter le 27 janvier 2009 - source - voir in fine)
Ainsi c'est désormais parfaitement clair, seuls les gens en bas de l'échelle ont la responsabilité de la crise. Les ouvriers et employés qui gagnent à peu près 2000 euros par mois devraient donc se serrer la ceinture en plus des coudes afin de sortir le pays d'une crise. Une crise générée par des banques qui ont dépensé un argent astronomique dans des montages abracadabrants afin de générer, sans produire quoique ce soit, du cash dont seuls profitent une poignée de drogués de la plus-value. Des banques qui ont donc abusé des petites économies d'une population qui travaille pour mettre deux francs six sous de côté pour sa retraite, mais à qui finalement on donne encore plus d'argent afin qu'elles accordent quelque crédit aux nombreuses petites entreprises fonctionnant sans filet, et pourquoi pas afin qu'elles puissent à nouveau nourrir le système à l'origine de la catastrophe.
Constatez tout de même l'aberration d'un tel système. Et si vous n'êtes pas convaincu, regardez le salaire des patrons, qui augmentent, pendant qu'on licencie les ouvriers. Et ceux qui ne sont pas licenciés, on commence à les menacer par une éventuelle perte de leur emploi s'ils ne mettent pas les bouchées doubles.
Pendant ce temps, les banquiers sous perfusion, déjà richement rémunérés, s'octroient le privilège insensé des primes. Et cela malgré les annonces officielles qui prétendent le contraire. En effet, il n'existe a priori aucun organisme d'état indépendant (puisqu'on supprime en plus des postes de fonctionnaires) qui permette à la fois le contrôle de l'obtention de ces primes, et sa régulation. De même qui contrôle exactement ce que les banques vont faire de la masse d'argent qu'elles ont récoltées ?








