Menace imminente ?
Par Raoul le 9 Déc 2008 | Dans Vu de Près |
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Argent, travail et moral en berne.
A l'instar de la Grèce, doit-on craindre une embrasement de la rue, en France ?
Cette question n'est peut-être pas absurde ou mal venue aujourd'hui, alors que nous savons bien qu'en Europe, malgré la sacro sainte main-mise des techniciens de Bruxelles, un cailloux quelque part dans l'engrenage de la machine peut déstabiliser tout l'édifice.
(Illustration de Carioca)
En l'occurrence l'étude même sommaire des évènements grecs, nous apprend qu'il ne faut pas beaucoup pour que la rue se révolte. Si l'on en croit les journaux officiels, ce ne sont que des anarchistes qui sèment le trouble. Si l'on écoute en revanche les témoins directs ou les observateurs neutres, a priori, qui sont sur place, ce serait l'accumulation des cadeaux fiscaux aux banques et patrons, pendant que la plèbe se serre la ceinture, qui exacerberaient la tension sociale. Que ce soit l'exacte vérité ou non, on ne peut nier que le pouvoir grec soit quelque peu sur les nerfs. La promptitude à envoyer la force face aux étudiants montre tout de même, la crainte des officiels qu'un incident puisse dégénérer rapidement.
Il n'y a jamais, lorsque la rue s'exprime violemment, une absence de cause. En Grèce ou en France, les données sont sensiblement les mêmes. En France on a promis à la valetaille plus de revenus, plus de travail, plus de maison, un tas de choses en plus pour vous, et moins pour moi afin que vous puissiez récolter tout ce qui traîne. Ainsi tout ce que je n'aurais plus, car c'était indu, vous l'aurez puisque le gouvernement veille à ce que l'inégalité ne soit qu'en votre faveur. Bel exploit n'est-ce pas ? Et si vous en doutiez, seront jetés en pâture quelques corps de métiers, professeurs, fonctionnaires, ou autres financiers qui auront osé faire sombrer le pays dans "une crise sans précédent".
Suite:
D'aucuns affirment que puisque c'est la crise, la réforme sera sans précédent, et nous de constater que l'année 2009 sera celle des radis à gogo. Ajoutez à cela une retraire certes lointaine qui s'annonce au rabais, des salaires fixés voire en diminution, des heures sup qui n'en finissent pas sous la pression des patrons anxieux, pendant que la famille s'impatiente et commence à trouver le radis piquant, une santé de fer qui ne tardera à rouiller sous les coups tordus d'un gouvernement à l'abri des mesures de protections qui ne concernent que les banques, les patrons, les riches et les pistonnés. Vous avez quelque part tout ce qu'il faut pour réveiller les démons qui sommeillent en chacun des citoyens. Pour peu que celui-ci ait encore quelques minutes de cerveau disponible pour réfléchir à tout cela. Méfiance alors! Les médias sombrent eux aussi dans une cacophonie où l'unique ton serait celui de la pensée bienséante. Et malgré cela, une chatte y perdrait ses petits.
Les étudiants ont du temps, eux. Et acheter aussi cher leur sandwich le midi entre deux cours pendant que leurs parents diminueraient leur aide, pourrait bien accroître leur célérité à propos de la mauvaise marche du monde.
Vous ne pouvez en effet pas annoncer autant d'un côté, et voir si peu venir de l'autre, sans agacer quelque peu les susceptibles citoyens.
Ces derniers auront d'autant plus de susceptibilité à exprimer que l'opposition en France est réduite à néant, par le formidable travail de sape de nantis censés protéger les plus faibles, mais qui préfèrent protéger leurs intérêts, aidés de surcroît par un pouvoir en place à ce point grossier et amnésique qu'il se gausse de la débâcle socialiste. Comme si on pouvait gouverner en démocratie sans opposition. En effet, si vous n'offrez pas de structure pour recueillir les différences, où vont-elles s'exprimer alors, si ce n'est dans la rue ?
Il ne manquerait donc qu'un rien, pour servir de prétexte à un pays tel que le nôtre à un agacement populaire. Une bonne mesure en défaveur des étudiants serait parfait. A moins qu'au printemps on ne s'aperçoive que les formidables mesures de relance ont fait long feu. Ou bien encore que le temps de cerveau disponible des citoyens lassés de faire des heures sup pour rien, ne leur permette de compter. Ils compteront alors les sommes astronomiques versées partout, sauf dans la tirelire des foyers. Ils compteront en même temps les plus-values que continuent à faire les traders, ou les multinationales, pendant que les très petites entreprises sombreront.
Heureusement tout de même qu'en France, nous n'aimons pas trop de désordre et que TF1 veille à la propagation de la bonne parole. Le désordre n'est de toute manière jamais à souhaiter, ce serait en effet une erreur car ce sont toujours les plus forts qui s'en sortent. Et les plus forts ce sont ceux qui ont touché les dividendes de la crise.
C'est clos n'est-ce pas comme point de vue ? Que voulez-vous, depuis le temps que je pense qu'il faut retrouver des vraies valeurs. Je crains que tant que nous persisterons dans cette réalité qui prétend que l'argent et le travail fondent toute vie décente, nous risquons d'avoir régulièrement le moral dans les chaussettes.
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Cela dit c'est bientôt Noël. Je tâcherai de trouver un sujet plus joyeux. Je pourrai toujours mettre des paysages de France. Car cela au moins on ne nous enlèvera pas notre beau pays. Il ne nous reste plus qu'à trouver le temps, et les moyens d'aller nous promener à pied, contempler la nature qui sait prendre son temps et qui pourrait nous réserver de belles surprises.
11 commentaires
Pourquoi craindre un soulèvement populaire ? Pourquoi avoir peur d'une insurrection ? Du désordre peut sortir beaucoup de bien. Le front populaire, la Libération et son comité, Mai 68 en sont les preuves.La mode est de dénigrer ou d'ignorer ses grands moments de démocratie. En mai 1968, les salaires ont bondi, les moeurs ont évolué (sexualité, droits des femmes...) et la démocratie est arrivée dans les entreprises.
Quand une société est bloquée, il est bon de faire un peu peur à ses dirigeants.
Actuellement les politiques sont les otages (volontaires) des financiers. C'est le MEDEF ou plutôt ses préceptes qui gouvernent. Ce n'est pas supportable et j'espère bien voir une révolution. Même si elle doit être violente, même si je dois en pâtir personnellement.
Yen a marre à la fin et puisque la discussion et la négociation sont impossibles, il serait bon d'introduire un peu de lutte dans les rapports sociaux. On n'a rien sans rien.
Le désordre comme partie intégrante de la démocratie, tout à fait !Pourtant dans notre société actuelle, où tant de valeurs disparaissent au profit d'autres idéaux artificiels qui ne servent que les intérêts des requins, j'ai un doute sur l'expression du désordre.
Le désordre moderne est une boucherie. Des bombes massacrent des innocents en renforçant le réflexe sécuritaire du pouvoir.
Un désordre moderne génère Guantanamo.
L'homme occidental tenu par ses créances et aveuglé par son confort ne sait plus exprimer sa révolte. Et si révolte il y a c'est uniquement parce que son porte-monnaie va mal. Ce n'est pas pour des idées fraternelles par exemple.
Je n'y crois pas trop moi au désordre plein de promesses. Je n'y vois qu'un tas de cadavres, et big-brother omniprésent.
Retrouvons déjà les valeurs humaines. Luttons dans un premier temps contre la pensée unique et éduquant correctement nos enfants, et dégageons par le vote les illuminés au pouvoir actuellement.
Notre époque est à l'ensauvagement, pas à la lutte.
Une petite citation de Platon qui pourrait apporter des arguments à la problématique posée ici, peut-être.Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,
lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus,
au-dessus d'eux l'autorité de personne,
alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie.
(Platon - IVe siècle av. J.C.)
Qui parle de bombes ?Une révolte, une insurrection même doit être dirigé contre un système, pas contre des personnes même si quelques « bavures » sont inévitables et peut-être même nécessaires pour apaiser une juste colère populaire.
Car enfin le gouvernements cumule le pouvoir politique, financier, industriel et médiatique. Et ce pouvoir il ne s'en sert pas pour élever le niveau de vie, d'éducation et de santé mais au contraire pour appauvrir, abêtir et de plus supprimer une large partie des libertés.
On ne parle plus ici de démocratie (tiens, on fait revoter l'Irlande, tiens on décide de nommer les présidents des Radio France et Télévisions France, tiens on renfloue les banques mais on va diminuer le taux des Caisses d'Épargnes, tiens les anciens ministres retrouveront leur siège à l'assemblée sans s'encombrer d'un nouveau passage devant le suffrage populaire ...) mais de dictature douce.
Douce jusqu'à un certain point d'ailleurs. On qualifie facilement quelques petits saboteurs de dangereux terroristes d'ultra-gauche, on met fin au régime de semi-liberté (quel terme !) de Jean-Marc Rouillan pour une absence de remords. Les ex membres d'action directe ont tous été torturés et impitoyablement réduits au silence.
Quand une société génère des lois iniques, il est légitime de s'affranchir de ces lois. Quand un pouvoir se sert de la force ou du mensonge pour mener un peuple au désastre, il est nécessaire de se révolter. L'ordre n'est légitime qu'au service de la démocratie. Sinon l'ordre n'est que la démonstration d'une force arbitraire par un pouvoir abusif et injuste.
Alors la révolte, même si elle fait quelques dégâts est sûrement la seule solution. La gauche « légitime » avec le Parti socialiste n'est même pas une alternative crédible. Dois-je rappeler que l'un de ses membres, Domnique Strauss Kahn est président du non démocratique FMI dont les directives et injonctions ont ruinés de nombreux pays ? Dois-je aussi te remettre en mémoire que José Manuel Barroso, président de l'ultra-libérale communauté européenne (largement plus libérale que les USA) est issu de la gauche ?
Alors l'espoir ne viendra certainement de ces gens là..
Quand on ne peut plus dialoguer, la violence peut prendre le relais. Dans certains cas elle le doit.
Alors l'ordre républicain.... (smiley qui fait un bras d'honneur)

Certains hommes sont fait pour subir, d'autres pour commander. Je n'aime pas cette inégalité, mais c'est notre sort.
Je crois tout à fait à ton argumentation, sauf que je ne crois pas tout à fait à la démocratie. A mon avis ce n'est que pure illusion. A moins bien entendu, que l'on arrive à changer l'homme radicalement, en faisant fi de sa vanité et de sa cupidité.
C'est impossible.
Ainsi la seule solution serait un successions d'approches démocratiques, avec des tendances à l'arbitraire voire à la dictature qui seraient contrées épisodiquement par des révolutions.
Ça ne me plaît pas. Tout comme la situation actuelle ne me plaît pas. Mais à moins de mettre un dictateur humanitaire au pouvoir (si tant est que cela puisse signifier quelque chose) je ne vois pas trop où serait la solution. Ce qui est certain, c'est qu'actuellement, ce n'est pas la solution.
les bombes dangereuses, pas chez nous voyons.Et puis économiquement ça se justifie.
quelques cartouches de dynamite au Printemps et ce sont les Galeries Farfouillette qui se tapent sur le ventre.
Pour le détonateur, on peut conseiller le BHV, pas bien loin.
A la Samaritaine, on ne trouve plus rien, par contre.
Ah, l'ultra gauche, c'est plus ce que c'était !
Moi quand je vois comment j'ai galéré pour avoir des places pour AC/DC au stade de France sur Fnac.com, alors que dans le même temps il y en avait sur ebay ( pour la même "salle" ), et bien je me dis que c'est un sacré bordel ... ( Places écoulées en 1 heure à peine )Message error ... biiiiiiiiiip


C'est vrai qu'entre l'ultra-gauche et les poseurs de dynamite périmée dans les grands magasins, nous vivons dans un pays effrayant. Heureusement que notre petit président efficacement épaulée par notre
Excellents prétextes, n'est-ce pas ?
Bien vu la citation de Platon ! tu connaitrais pas son blog ?
Excellent ! Je ne sais pas s'il y a pensé ce cher Platon.En fait il est partout, en chaque blogueur sur le réseau, en principe ...
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