Archives pour: Février 2008
Le grain et le gain
Par Raoul
, le 26 Fév 2008 | Dans A Vue de Nez |
3 retours |
|
Pourquoi faudra t-il toujours gagner plus pour consommer autant.
L'essentiel dans une vie pourrait être de pouvoir se nourrir, sous un toit avec sa famille. Actuellement, afin d'accomplir notre destinée, nous devons échanger de l'argent contre ces bienfaits indispensables. Le fait est que personne n'y échappe, et le système ainsi créé nous condamne, humains que nous sommes, à avoir toujours plus.
Ainsi pour les denrées alimentaires, des hommes ?uvrent pour nous fournir de quoi nourrir notre famille. Ces hommes sont modernes et dynamiques, ils ont donc créés une entreprise multinationale à coups de rachats et de délocalisations, afin d'obtenir un système le plus rentable possible.
Ces multinationales qui nous vendent de l'eau, des biscuits, des légumes ou des plats tout prêts, font des bénéfices à deux chiffres, tous les ans. Ils continueront.
Ils poursuivront cette logique, car leur unique intérêt n'est plus de nourrir correctement tout le monde en France, mais d'engranger toujours plus de bénéfices. Les hommes à la tête de ce monstre tentaculaire, ont tellement d'argent, qu'ils ne pensent plus à ceux qui n'en n'ont pas. Point par dédain, mais parce qu'ils ne peuvent plus appréhender que cela puisse exister. Dans leur univers, tout le monde est riche, et charge à eux de récupérer le plus possible de cette richesse.
Nous consommateurs moyens qui entretenons ce système, nous sommes donc condamnés à payer toujours plus pour obtenir au moins la même chose. Et si par hasard, nous gagnons davantage, alors on s'empresse de créer un besoin nouveau afin de capter cette nouvelle source d'argent.
La hausse des prix prévue pour 2008, et qui est réelle depuis l'arrivée de l'euro n'en déplaise à l'INSEE, est donc inévitable.[1] L'appât du gain reste le moteur puisqu'à l'origine ce sont des hommes qui en profitent. La vanité. Le culte mercantile. Le goût du challenge censé combler peut-être une mésestime de soi. Voilà ce qui nourrit ce monstre. Et voilà ce qui nous nourrit de plus en plus mal.
Et là où cela devient ridicule, c'est que le gouvernement cautionne ce système, en ignorant que l'augmentation puisse être réelle, en prétextant ne pouvoir rien faire [2], et en imposant sous couvert sanitaire social, de manger au moins cinq fruits et légumes par jour. Comment est-ce possible pour la majorité des ménages français, compte tenu du prix de vente de ces aliments ?
Les grands groupes et la grande distribution ne sont certes pas entièrement responsables de cet état, mais ils sont les instigateurs de la logique de croissance. De toutes manières, les plus forts devraient montrer l'exemple.
Laboratoire expérimental des consciences
Par Raoul
, le 21 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
2 retours |
|
A propos de la proposition de Mr Sarkozy sur la mémoire de la Shoah.
La république n’a pas à décider pour nous ce que nos enfants doivent avoir comme tourments. La république ne dicte pas à mes enfants quelle conscience ils doivent avoir à tel moment dans leur trop courte existence.
L’avenir ne se construit pas sur un contrôle étatisé de l’esprit critique et de la connaissance.
Je pense que les errements et les erreurs de nos ancêtres ne peuvent en aucune autre manière que la simple et claire connaissance d’une histoire, influer sur le comportement quotidien des yeux innocents, et le développement intellectuel de mes enfants. Charge à nous, parents, de leur donner les clés de la connaissance et de la découverte du monde, bien loin de toute complaisance lobbyiste.
En se sens, ce n’est pas un chef d’état provisoire, qui pourrait transformer autant leurs perceptions, et du coup notre vision souveraine du monde que nous laisserons à nos enfants, qui lorsque le temps viendra, transmettront dans une idée de progrès à leurs descendants.
Cette volonté est totalitaire, dé-responsabilisante, dangereuse enfin.
Elle est dangereuse car le libre arbitre ne vaudrait alors pas plus que le sentiment spontané d’un homme pressé, fût-il chef d’état, dont les propres tourments ou croyances, sont modulés en fonction de l’intérêt d’une communauté à laquelle il s’adresse. La complaisance de ces lobbyings sur un homme qui recherche l’affectif, ne saurait dominer ma liberté d’instruire mes propres enfants selon mes conceptions, même s’ils doivent également connaître et développer une histoire commune qui de toutes manières ne leur appartient pas.
Monsieur le président de la république, qu’il me soit permis, humblement, de vous rappeler que vous avez été élu - cependant sans moi, afin d’ ?uvrer pour la gloire des couleurs de la France et le bien de ses citoyens, et non pour le contrôle de nos consciences. Je n’ose imaginer ce que vous pensiez faire de l’innocence de nos enfants, qui pourraient tout à fait, lutter contre la folie des hommes sans vous.
Pour ma part je m’insurge intégralement contre la tendance actuelle qui consiste à nous inculquer ce que nous devons croire, espérer ou connaître.
La république a mis bien longtemps pour acquérir ces libertés qu’elle nous propose actuellement. Je ne pense pas que quiconque puisse d’un coup d’émotion, transformer ou anéantir cela. En tous cas je dis sans détours, que mes enfants ne seront pas l’instrument d’une quelconque doctrine. Et si, finalement mes enfants qui regardaient les toons colorés à la télévision devaient regarder, dans le même temps, la mort des innocents générée par des fous sur un tableau, alors je pense que mes enfants quitteront l’école à ce moment là. L’école laïque républicaine est certes obligatoire. Ce n’est en revanche pas le cas d’un laboratoire expérimental des consciences.
Enfin demain, ce sera quoi au menu de l’apprentissage ?
Si vous pensez que la proposition de M.Sarkozy sur la méthode d’acquisition de la mémoire de notre histoire, et de la Shoah en particulier, n’est pas une bonne chose, vous pouvez contribuer à l’appel du Nouvel Obs contre la proposition Sarkozy.
Le choix du roi
Par Raoul
, le 13 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
2 retours |
|
Notions de perceptions relatives
Je profite assez rarement ici de l’actualité. Pourtant je ne peux m’empêcher de rebondir sur un phénomène actuel : le saut des perceptions dans le temps et dans l’espace, selon votre confort social. Pour cela je me fonde sur une réaction du président de la Société Générale, qui n’a honte de rien.[1]
A chaque crise, la Société générale en est ressortie plus forte.
Daniel Bouton
Facile pour une banque de dire une ânerie pareille. Quand bien même cela soit vrai, cette faculté propre aux nantis d’imaginer un scénario pareil, montre qu’ils occultent une bonne partie de la réalité. D’une part c’est nous qui payons pour cette étrange force supplémentaire, d’autre part, ils dépensent de l’argent qui ne leur appartient pas, et enfin, l’état se porte garant - ce qui rejoins le premier point, de leurs actifs.
Quel est le risque là dedans ? En quoi une crise générée par un dysfonctionnement interne pourrait dans ce cas rendre plus fort quiconque d’honnête ou lucide ?
Que voulez-vous, ils pensent que le monde ne leur fait pas de cadeaux, et eux s’offrent le monde tous les matins au petit-déjeuner, en guise de bonus de fin de mois.
Car ces gens qui brassent autant d’argent créent eux même un système qui les nourrit. Mais puisque malgré tout il existe une logique, ce système génère sa propre croissance, sur le dos des populations américaines et européennes, pauvres ou modestes, mais aussi sur le dos des pays en voie de développement. Ou comment créer un déficit commercial pour une croissance auto-alimentée.
Vous allez me dire, pourquoi dis-tu ça alors que tu n’y connais rien à la finance ? C’est certain, mais je constate, et n’importe qui peut le faire, que chaque année, 9% de la richesse ainsi créé part dans le capital. C’est à dire autant qui ne vont pas dans les salaires. Ainsi, des gens travaillent plus tous les ans, en gagnant moins, pour enrichir davantage ceux qui le sont déjà. Et je regrette, mais nul besoin d’être passé par Harvard pour comprendre cela. Il ne faut simplement pas être dupe. [2]
Nous pourrions prendre ce problème du bon côté, et dire que finalement ce n’est pas dramatique, car de toutes manières l’économie se porte bien du coup. Sauf qu’en l’occurrence l’économie ne va pas bien, puisqu’elle lutte contre ce qui fait son essence même, l’accès à la consommation pour tous, et de plus en plus. Si l’argent des bénéfices part dans le capital plutôt que dans les salaires, qui au bout du compte, consomme plus tous les ans ? Nous arrivons bien à un paradoxe, qui révèle les prémices d’une catastrophe. Prémices quantifiables pourtant, puisqu’au Etats-Unis, cela a coûté déjà 100 milliards de dollars aux contribuables, et qu’en France, pour le moment, nous savons que cela va coûter au moins 5 milliards d’euros. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg.
Pendant ce temps, 15% des français se demandent de quoi leur lendemain va être fait, du haut de leurs 800? mensuels. Et nos politiques d’affirmer qu’ils ne peuvent rien faire ! Les banquiers semblent avoir beaucoup moins de problèmes, ou de scrupules. La santé de l’économie et donc notre quiétude, passeraient-elles donc par autant d’argent perdu, qui aurait pourtant pu servir à tellement de familles en France ?
[1] In Le Monde du 12 fév 2008
[2]
Un article du Monde Diplomatique sur le partage des richesses du monde.
Un article dans La Tribune, qui montre que 3 dirigeants sur 4 des entreprises du CAC40 ont eu entre 2006 et 2007, 40% d’augmentation de salaire. Cette augmentation considérable propulse les rémunérations des patrons français à des niveaux jamais atteints, et place la France en tête en Europe. Pendant ce temps, notre président déclare qu’il ne peut rien faire pour notre pouvoir d’achat.
Lobbying en stock
Par Raoul
, le 11 Fév 2008 | Dans A Vue de Nez |
9 retours |
|
Vous pensiez avoir une opinion ?
La France, si elle ne découvre pas les groupes d'intérêts, renoue avec la gouvernance du lobbying massif, tous azimuts. Notre président de la République ouvre le bal, en annonçant ici et là, l'inverse et son contraire. A vous de voir ce qui est bon à prendre. Pour ma part, dans ma profession, tout semble s'améliorer d'un coup, selon les discours. Pourtant j'ai un doute. Tant de choses, en si peu de temps, d'un simple appel verbal présidentiel. Comment du coup avoir une opinion sur soi, son environnement et même ce qu'on avale ?
La politique c'est en effet très intéressant, mais la diététique l'est au moins autant pour nous tous. Est-ce que par exemple le café que j'avale est bon pour moi ? D'aucuns répondirent récemment, non, surtout si vous êtes enceinte. Des risques de fausse couche sont à redouter très sérieusement. Ah, mince ! Et la femme enceinte de dire: " Moi qui en buvait régulièrement, je vais donc arrêter, maintenant que je suis informée correctement !" Las. Le lobbying caféier, après nous avoir fait croire que le café est un luxe [1], dépêche subitement des spécialistes, médecins ou diététiciens, pour annoncer dès que l'occasion se présente, que le café est au contraire très bon pour la santé, à dose mesurée. Ouf ! Mais alors qui dois-je croire ?
Dans le même registre, les bio-carburants sont très à la mode. Moi même, de prime abord emballé, je suis devenu réticent. On nous disait, que les bio-carburants faisaient la richesse de Monsanto grâce à leurs OGM, et pire encore, ponctionnaient sur la surface agricole cultivable de la planète, en dépit des déficits de stock alimentaire et de la malnutrition galopante. Sauf que renseignements pris, la filière bio-carburant représente tout au plus actuellement 10% de la totalité de la surface agricole, et 15% à terme. Sauf que l'on nous matraque d'informations avec ça et que nous sommes en droit de nous demander à qui tout cela profite ? Au lobbying pétrolier bien entendu. Il faut vendre encore des voitures qui roulent à l'essence afin d'écouler l'or noir, quand bien même les prix augmenteraient - et les bénéfices avec. J'en ai eu récemment la confirmation [2]. Où ai-je raison finalement dans ce dossier ?
La primauté des intérêts
Par Raoul
, le 3 Fév 2008 | Dans Vu de Près |
10 retours |
|
Ou l'intérêt des primats
Le relais de l'information est actuellement au c?ur de beaucoup d'intérêts. Mon intérêt est de trouver de l'information juste, qui m'intéresse, sans trop ponctionner sur mon capital temps de réflexion disponible. L'intérêt de ceux qui fabriquent l'argent, est qu'ils puissent prévoir et agir a propos, efficacement et durablement. Dans cette tourmente, des initiatives nouvelles voient le jour. Le journal en ligne Mediapart participe à cette genèse.
A peine sorti des cerveaux libres et a priori indépendants, le projet Médiapart auquel je crois puisque je suis abonné, est attaqué juridiquement par un puissant groupe de presse franco-belge. Les raisons sont pour nous simples citoyens, complètement fallacieuses, mais les intentions sont conquérantes : récupérer la ligne éditoriale, couper l'herbe sous les pieds de ces journalistes, anéantir toute tentative d'indépendance. Une indépendance qui pourrait déranger, et compliquer la visibilité des intérêts financiers de ceux qui fabriquent l'argent. Il est à lui seul de toutes manières très intéressant, et révèle s'il le fallait encore, le combat actuel : la lutte de l'homme contre la dictature économique. En effet, au delà d'une trop simple et obsolète vision de gauche, nous assistons vous comme moi, aux conséquences du diktat économique. Nous ne savons finalement plus très bien si l'économie est un outil inventé par l'homme pour agrémenter son environnement, ou bien si ce système ainsi créé supplante le libre arbitre pour transformer l'homme en simple esclave.
Ceux qui gagnent avec ce système l'utilisent déraisonnablement à leur profit. Cette absence de tempérance a de multiples visages : une haute finance totalement amorale - nous avons pu entrevoir un des épisodes avec l'affaire du trader d'une grande banque française, une politique exclusivement gestionnaire - on calcule, additionne, comptabilise, enfin, un gouffre béant entre les nantis et les modestes qui a entre autres pour conséquence une systématisation des intérêts oligarchiques aux dépends de l'intérêt commun. Ce qui nous apparaît étrange, ou négatif, aujourd'hui sera néfaste et catastrophique demain. George Bernanos disait en l'occurence que le pas des mendiants feront trembler le monde. Parce que le monde selon l'homme est ainsi, il faut toujours passer par l'excès pour trouver une nouvelle voie plus raisonnable et également profitable.
Ainsi, je pense que nous sommes aujourd'hui à quelques ?uvres du sommet de l'excès. Le combat que mène aujourd'hui l'équipe de Mediapart jalonnera sans doute la route du retour à la raison. Ce n'est pas le seul, ils sont nombreux, même si le problème auquel est confronté Mediapart pourrait être un simple manque de prévoyance.[1] Il nous appartient je crois, à ceux qui n'ont pas d'autres intérêts que d'aimer leur famille et de leur assurer une vie suffisante, de ne pas être indifférent à ces enjeux. Nous ne pouvons pas et ne devons pas laisser à nos enfants un monde gouverné par l'ordre technico-économique. Notre monde est un monde d'hommes égaux gouverné par l'ordre moral et politique. Dans le cas contraire, cela ne me semble pas viable.
Dans cet esprit de lutte, même modeste, c'est toujours mieux en musique...
[1] Mon point de vue ici repose simplement sur l'idée que le business pourrait avoir raison de tout, même d'initiatives indépendantes et a priori clairvoyantes. Ainsi, le problème auquel est confronté Mediapart, pourrait-il avoir d'autres origines ?
Un article de Versac propose une autre voie. Voire, car je préfère me placer du côté des plus faibles, ça changera. Et ce n'est pas en disant ça que je deviens du coup trotskiste comme ils disent là-bas. De toutes manières dans certains blogs c'est immédiat, dès que vous tentez de faire preuve d'un soupçon d'humanité, vous êtes taxé de trotskiste de bas étage. C'est assez fort. Cet article de VinZ traite le problème de la même manière.








