La mondialisation n'est pas zen
Par Raoul
, le 5 Sep 2010 | Dans Vu d'en Haut |
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Cool la vie !
Dans l'esprit zen, on privilégie les beaux objets, bien faits, solides, et conçus pour être efficace précisément dans ce que l'on souhaite en faire. Ainsi lors d'une séance de bricolage, on évite d'utiliser une perceuse premier prix avec des chevilles low-cost ou des vis sans marque. Cela afin de se prémunir contre la défaillance des outils, et la chute de l'objet fixé ou construit lors de cette séance. Une bonne séance de bricolage est celle pendant laquelle l'ouvrier prend plaisir à utiliser de beaux outils, et pendant laquelle ses gestes sont récompensés par la bonne tenue de ce qu'ils fixent, vissent, collent ou clouent.
Dans l'esprit zen on possède peu, mais ce que l'on a c'est beau, bien fait et utile. Ainsi, lorsqu'on regarde dans notre foyer, tous les objets qui nous entourent, beaucoup n'ont pas cette vertu, et beaucoup proviennent de pays lointains, dits à l'économie émergente.
La mondialisation pourrait être l'expression d'un consumérisme rapide et pas cher. On possède des tas de choses, souvent redondantes et souvent de mauvaise qualité. Fabriquer plus, tout en coûtant moins cher, afin de le vendre au plus grand nombre pour à peine moins cher que ce qui existait déjà, est une part de cette mondialisation. Il est généralement admis que les produits manufacturés provenant de Chine ou d' Indonésie, sont de qualité moindre que les produits équivalents européens. Un exemple parmi d'autres, est la qualité des matériaux utilisés pour les prothèses humaines. Ces matériaux sont de densité hétérogène, ce qui génère lors d'un marquage au laser du numéro de série, des ruptures inattendues. Ces problèmes n'existaient pas lorsque ces prothèses provenaient d'Europe.
Spéculations
Par Raoul
, le 24 Aoû 2010 | Dans A Vue de Nez |
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Évidences ...
En France, on aime croire que le régime de retraite par répartition est obsolète. On imagine désormais, que ce sont les Américains qui ont raison, et que les retraites devraient être payées par capitalisation. C'est sans doute très complexe, mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut qu'un euro placé rapporte un peu plus à la fin de sa vie. Pour cela, il faudrait qu'il se passe pas mal de choses positives dans le pays et dans le monde, ou bien que des personnes bien malignes, placent cet euro de judicieuse manière. Spéculer, est alors la règle d'or. Et pour assurer les vieux jours de ceux qui gagnent au quotidien pas mal d'argent, tout est bon. (Montage Marcus Hausser) 
Les fonds de pensions américains ont eu l'idée géniale d'utiliser à leur profit toutes les approximations du marché boursier, et du système capitaliste dans son ensemble. Si un tel système apporte beaucoup de bénéfices, et pour un grand nombre de gens (c'est le progrès dont on nous remplit les oreilles), nous allons rapidement apercevoir ses limites. En effet, ce système est actuellement en roue libre, et peu de choses régulent son fonctionnement. Ainsi, ravis d'avoir spéculé sur les placements à risques aux USA, les investisseurs se tournent actuellement vers la spéculation sur les évènements naturels. Ces derniers ont des conséquences directes sur les stocks d'aliments, ce qui finalement détermine les prix du marché. Après tout, s'il existe un domaine du business inaltérable, c'est bien celui de la nutrition. Tandis que les modestes Américains propriétaires sont désormais tous à la rue (la crise des subprimes américaines), les autres modestes de la planète risquent à leur tour d'avoir faim. Jugez plutôt :
Pour une autre retraite
Par Raoul
, le 13 Jun 2010 | Dans Vues politiques |
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Le choix de l'égalité
Lorsque le sujet des retraites est abordé autour de moi, il est rare d'entendre des voix rassurantes. En effet, plutôt que de considérer que le problème sur ce sujet provient d'une inégalité chronique existante, chacun semble n'?uver dans sa réflexion qu'à son profit. Pourtant, lorsqu'un système est déséquilibré, cela ne signifie pas nécessairement qu'il est mauvais en lui même. En revanche cela pourrait signifier que certains fondamentaux ont été oubliés.

La logique voudrait que l'on soit payé lorsqu'on fournit un travail. Or un retraité ne travaille pas. Cependant il est un citoyen à part entière, et en tant que tel, paye des impôts, consomme, participe finalement à la marche économique telle que nous la concevons encore. Il bénéficie donc justement d'une retraite. Actuellement cette retraite est indexée aux revenus de la vie active. Ce choix reste surprenant dans la logique qui nous préoccupe aujourd'hui. En effet, pourquoi y a t-il autant de différences entre un retraité des cadres et un ouvrier ? Les deux font pourtant la même chose : ils sont retraités. Ils ne produisent rien pour le collectif si ce n'est qu'ils entretiennent le système achat-vente. Cela signifierait donc que ces deux retraités aient la même retraite. Un retraité est un retraité, pas un travailleur.
Certes l'un a cotisé bien davantage que l'autre. Étrangement, cela ne choque personne. Pourquoi tout au long de sa vie, le produit de son travail sert-il à alimenter une caisse commune dont les bénéficiaires toucheront inégalement les dividendes ? Un gros salaire a les moyens de mettre suffisamment de côté pour les vieux jours. Il n'est pas nécessaire que ces gros revenus ne servent qu'à l'accumulation de conforts (plusieurs maisons, plusieurs voitures, un train de vie aisé - pour caricaturer). S'il est juste qu'un responsable gagne plus qu'un exécutant dans la vie active, cela ne se justifie plus en retraite. A moins d'apprécier la segmentation de la société en castes : les nantis, les rameurs et les pauvres - ces derniers étant infiniment plus nombreux bien entendu, l'avenir de l' actuelle retraite par répartition semble compromis, mais selon moi pour d'autres raisons que celles évoquées classiquement.
Ouverture à la concurence ou la régression libérale
Par Raoul
, le 13 Mai 2010 | Dans Vite vu |
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L'incompatibilité entre la libéralisation et l'intérêt commun.

EDF a entamé depuis quelques temps le processus d'ouverture à la concurrence. En France, nous avions un système original, des citoyens qui ont besoin d'énergie, et une société d'économie mixte (ou nationale), chargée par mandat de la produire et de la distribuer. C'est un système simple, efficace, qui a fait ses preuves, mais d'aucuns prétendent qu'il n'y a pas assez de business. Comme si le fait d'avoir chaud ou de pouvoir allumer une lampe devait enrichir des actionnaires.
La Commission de régulation de l'Énergie, organisme chargé dans notre pays de clarifier pour un temps encore l'échange producteur-consommateur dans le domaine énergétique, semble actuellement pointer du doigt des risques pour les ménages, de voir une hausse significative du coût de l'électricité. L'ouverture à la concurrence devrait générer une hausse jusqu'à 11% des tarifs. L'expérience montre que l'ouverture à la concurrence dans le domaine de l'énergie n'a manifestement jamais donné de résultats supérieurs en terme de confort aux usagers.
Nous pouvons par exemple nous souvenir du black-out en Californie il y a quelques années, les prestataires de services de l'énergie n'ayant à l'époque pas pu s'entendre sur le business de la distribution, ce qui avait généré un blocage inimaginable dans l'état. Dans ce grand magma capitaliste, traders, distributeurs et électrons n'avaient pas fait bon ménage, aux dépends de l'usager, comme cela semble devenir la règle dans ce type de conflit. Ce fut un exemple édifiant des limites d'un système libéral, où l'on comprend mal comment un intérêt commun, l'accès au confort essentiel, puisse profiter amplement à une oligarchie du business.
Les Français devraient-ils consulter plus souvent un psy ?
Par Raoul
, le 9 Mai 2010 | Dans Vu d'en Haut |
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Une société compromise par des comportements individuels
Une mode actuelle dans le domaine des études sociales en France, semble être une explication de l'exception française dans un comportement social commun assez singulier. Un comportement qui nous démarquerait par exemple de nos amis Canadiens, Américains ou même Anglais. La France serait un pays sclérosé socialement, par ses habitudes corporatistes, élitistes ou ségrégationnistes.
Ce n'est certainement pas une fatalité, en revanche il est certain qu'un comportement individuel maintes fois répété, engendre ce processus social. Un tel comportement individuel pourrait-il relever de la seule thérapie ? Tous les français devraient-ils consulter ? (Illustration de Carioca)
Si l'on reprend cet argument à notre propre échelle de perception, on constate tous les jours qu'il y a sans doute un fondement à cela. En effet, nous connaissons tous autour de nous des patrons, ou des employés, qui l'un parce qu'il sort d'une grande école, l'autre parce qu'il revendique sa fibre écolo, vous oppose une interface élitiste. Vous n'êtes pas comme eux, vous êtes différents et non complémentaire. Vos talents ne peuvent alors pas s'exporter ou être globalement profitables. Qui ne connait pas l'échec d'un entretien d'embauche parce qu'il n'a pas la couleur de peau souhaitée, parce que le cursus professionnel ne comporte pas les sésames classiques français, parce qu'il est soit trop vieux, soit trop jeune ?
Face à ces comportements, toujours humains, individuels, nous pouvons comprendre un défaut de confiance en soi, des habitudes corporatistes, une certaine peur ou méfiance de l'autre. Il est probable que si la personne se connaissait vraiment, avait étudié ses tourments, avait mis un verbe dessus, elle serait davantage ouverte, ou pétri de tempérance ? Il est fort à parier qu'un même entretien avec une personne bien dans sa peau (on imagine que toute la chaîne décisionnelle soit dans le même état), se passerait sans doute favorablement. Même en cas de refus, vous ne partiriez pas de la pièce abattu, ou doutant terriblement de vous, la personne aurait pris soin de vous, en vous ménageant et en tâchant de ne faire ressortir que du positif de cet entretien.
Réforme : une pathologie politique
Par Raoul
, le 17 Fév 2010 | Dans Vues politiques |
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Au cours des réformes, y a t-il faute et défaillance du service public ?
35 dépôts de plaintes ont été déposés cette semaine à l'encontre du ministre de l'éducation nationale. Le motif légal invoqué est "faute et défaillance du service public". Sans considérer la recevabilité de la plainte, il peut être intéressant après moult réformes engagées de se poser des questions essentielles. Y a t-il actuellement un risque avec cette politique du résultat immédiat, spectaculaire sans doute, efficace peut-être ? Le service public n'est-il pas une notion tellement facile à détourner que cela puisse induire au bout d'un moment une défaillance générale ? (Illustration Erik Johanson)
Si l'on considère l'éducation nationale, même si on comprend qu'il n'est pas raisonnable de laisser en l'état au fil des années un système aussi complexe comme important, l'électeur attentif peut néanmoins être surpris par la réformite aigüe qui touche tous les gouvernements sur ce dossier. Dernièrement, on peut dire que le chantier est titanesque. A tous les niveaux, de la maternelle à l'université, des réformes ont été engagées [1]. Elles ne sont pas mue véritablement par un besoin impérieux, parce qu'après tout la France arrive à former de bons techniciens et de bons ingénieurs, qui ont assez souvent l'occasion de vendre leurs talents à l'étranger. Ceci ne doit certes pas exclure la volonté d'adaptation, mais on comprend assez mal que celle ci se fasse à tous les niveaux de l'organisation, au point de constater in fine, que des élèves n'ont pas de professeur pendant un mois faute de remplaçants. En admettant que la réforme soit nécessaire, elle devient caduque si l'essentiel, un prof pour une classe de taille humaine (en dessous de 30 élèves), n'est pas respecté. L'état ne peut pas s'abriter raisonnablement derrière le paravent de la nécessaire réforme, surtout lorsque certaines d'entre elles prévoient la gratuité de la scolarité dans les écoles françaises à l'étranger. C' est consternant lorsque l'on connait le profil des familles expatriées, qui ne sont probablement jamais touchées par l'échec de scolarité, ni la précarité. Les primes d'expatriations y pourvoient en effet largement, et le profil de métier reste de haut niveau la plupart du temps.
UNICEF pour Haïti
Par Raoul
, le 19 Jan 2010 | Dans Vu de Près |
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Pour les enfants d'Haïti
Les initiatives individuelles de rapatriement d'enfants d'Haïti est un risque catastrophique de disperser les forces, au détriment d'un résultat "garanti" et durable. C'est risquer de séparer des enfants de leur famille disparue aujourd'hui mais peut-être vivante demain. C'est risquer de générer des drames humains par une action mal organisée et précipitée. C'est ouvrir l'accès aux malhonnêtes et autres vautours mortifères.
Des organismes internationaux dont la compétence et l'intégrité ne peut être mise en cause, ont le savoir-faire et la volonté infaillible de sauver tous les enfants du monde, et les enfants d'Haïti en particulier aujourd'hui. Même si dans les faits c'est impossible, l'idée d'agir pour l'intérêt général prévôt néanmoins sur les volontés individuelles. C'est une affaire qui concerne tous les citoyens du monde, au delà de la quête de responsabilité politique.
Le plus important c'est d' agir efficacement, pour tous, tout le temps. L'enjeu d'Haïti aujourd'hui est d'éviter toute mise sous tutuelle ou privatisation de la gestion du désastre.








